Histoire de la Tapisserie 

Tapisserie Aubusson Ancienne 

La tapisserie est un tissu fabriqué sur un métier à tisser ou bien à la main, dont le tissage représente des motifs ornementaux. Le tissage se compose de deux ensembles de fils entrelacés, ceux parallèles à la longueur, les fils de chaîne, et ceux parallèles à la largeur, les fils de trame. Les fils de chaîne sont mis en place sous tension sur un métier, et le fil de trame est transmis par un mouvement mécanique de va-et-vient sur tout ou partie de l'ouvrage. Souvent la tapisserie est une réalisation textile décorative d'ameublement, se classant dans les arts décoratifs. La tenture murale d'une pièce peut être constituée d'une seule ou d'un ensemble de tapisseries.

L'art de la tapisserie existe depuis l'Antiquité, et beaucoup de peuples l'ont pratiqué : Grèce antique, Chine impériale, Égypte antique, civilisations précolombiennes. La tapisserie occidentale connaît un essor formidable pendant le XIV ème siècle, illustré par la tenture de l'Apocalypse commandée par le duc Louis Ier d'Anjou.

Un grand nombre de tapisseries sont parvenues jusqu'à nous directement. Elles sont parfois grandioses (tenture de La Dame à la licorne conservée au musée de Cluny, tenture de David et Bethsabée conservée à Écouen, tenture Les Chasses de Maximilien conservée au musée du Louvre), souvent plus modestes. Certaines tentures sont disponibles en plusieurs séries (tenture de l'Histoire du Roy dont une série complète se trouve au château de Versailles).


Tapisserie Aubusson Ancienne

Techniques

La tapisserie (ou lice ou lisse) est une œuvre tissée sur un métier à tisser à haute lice (tapisserie utilisant un métier où la chaîne est disposée verticalement) ou basse lice (tapisserie utilisant un métier où la chaîne est disposée dans un plan proche de l'horizontale). Les trois personnes se succédant de la conception à l’élaboration d’une tapisserie sont le maquettiste, peintre qui crée la composition, le cartonnier agrandit la maquette à grandeur d’exécution sur le métier, le licier ou lissier qui réalise la tapisserie.

Quand plusieurs tapisseries sont créées sur le même thème, on appelle l'ensemble une tenture, et chacune des tapisserie une pièce (par exemple la tenture des Indes est une tenture de huit pièces). À ne pas confondre avec une suite de tapisseries, c'est à dire plusieurs tapisseries identiques tissées d'après le même carton (ainsi, huit séries de la tenture des Indes ont été tissées).

Matériaux

La laine est le matériau principal utilisé pour réaliser une tapisserie. La laine a été utilisée de préférence grâce à deux qualités, elle est facile à teindre et elle conserve bien la chaleur.

On utilise aussi la soie produite par le ver à soie et qui donne un aspect lumineux à la tapisserie. Son inconvénient vient de son prix élevé.

Dans les tapisseries les plus riches, on pouvait mélanger les fils de laine à des fils de soie, voire à des fils d'or ou d'argent.

Tissage

Histoire de la Tapisserie

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La technique de basse lice est horizontale et le métier se présente comme une table tandis que la technique de haute lice est exécutée sur un métier vertical. Le licier écarte les fils pour voir le carton placé sous les fils en basse lice ; en haute lice, il use d'un miroir car le carton est placé derrière lui. Au départ, des fils de chaîne de laine écrue, qui constituent la matrice, sont tendus sur des rouleaux appelés ensouples. Ils sont recouverts au fur et à mesure du tissage par des fils de trame, qui apportent le dessin et les couleurs. L'exécution peut se faire à plusieurs mains. Elle est longue et minutieuse. Pour exécuter la trame, le licier actionne des pédales, qui séparent la nappe de fils de chaîne en fils pairs et impairs, permettant le passage d'une navette avec son fil. Ce passage s'appelle une passée. Il y a autant de navettes qu'il y a de couleurs. Le licier peut procéder à des effets : le battage, sorte de hachure qui permet de faire des dégradés de couleur ; le relais, sorte de coupure entre deux zones de couleur. Le travail effectué s'enroule au fur et à mesure sur l'ensouple. Une fois achevé, on déroule l'ouvrage. Dans la tapisserie contemporaine, on peut multiplier les épaisseurs, effectuer des crevés (trous) ou laisser les fils pendre pour donner expressivité et matière. À noter l'invention, à la fin du XVIII ème siècle, du métier Jacquard, qui a permis la mécanisation et l'industrialisation du textile en général, et, dans une moindre mesure, de la tapisserie.


Les deux techniques d'exécution de la tapisserie de lices sont utilisées par plusieurs centres de productions : en France, manufacture des Gobelins à Paris, tapisseries de Beauvais, ainsi que les tapisserie d'Aubusson. En Belgique, la manufacture royale de tapisserie De Wit, à Malines (Mechelen), et Chaudoir, à Bruxelles. Audenarde10 (Oudenaarde) ainsi que Grammont (Geraardsbergen) et Enghien, sont mondialement connues pour les « verdures », spécialité au départ également des ateliers d'Aubusson. Tournai possède encore un musée de sa tapisserie mais également une école dans laquelle sont rénovées de nombreuses tapisseries de toutes provenances.

La technique s'est internationalisée à partir du XVII ème siècle et les métiers sont devenus plus individuels au XX ème siècle, particulièrement après la Seconde Guerre mondiale, permettant une diffusion et une pratique plus importante et plus personnelle de la tapisserie.

Distinction entre tapisserie et broderie

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La plus ancienne des tentures est la tapisserie de Bayeux, grandiose pièce historique de 70 mètres de long qui narre l'invasion de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant au XI ème siècle. Cependant cette œuvre est injustement appelée tapisserie car c'est en réalité une broderie, exécutée « aux points d'aiguille » : alors qu'une tapisserie est tissée sur un métier manuel ou mécanique, la broderie est cousue sur une toile à l'aide de fils de couleur et d'aiguilles. Les fils de couleur ne couvrent pas la totalité de la surface, contrairement à la tapisserie. Jadis appelée « tapisserie aux points d'aiguille » cette technique use au départ d'une toile assez grossière qui est aujourd'hui un « canevas », d'où le nom actuel donné à la technique. La broderie est connue depuis des temps immémoriaux, contrairement à la tapisserie, plus complexe à mettre en œuvre, et dont le démarrage se situe à la fin du Moyen Âge. Ses points communs avec la tapisserie sont non seulement l'appartenance à la famille textile mais la représentation d'un sujet ou d'une scène. En cela, elle peut être considérée comme l'ancêtre de la tapisserie. Sous l'Ancien régime, on comptait des façonniers en tapisseries aux points d'aiguille. Les réalisations sont de taille modeste, ayant quelques applications. Ainsi les dessus de sièges réalisés au petit ou gros point constituent son usage le plus courant, voire des pièces de plus grande envergure comme des tentures de lits princiers ou murales, que l'on voit dans certains châteaux et musées. En raison de sa facilité d'utilisation, la technique du point d'aiguille est devenue un « ouvrage de dame », pratiqué par l'aristocratie et la bourgeoisie, avant de se populariser.